Tristesse : décès de Paul Boutié

La préhistoire en deuil

Le préhistorien montpelliérain Paul Boutié est décédé le 7 mai dernier, à l’âge de 55 ans. Ses obsèques ont eu lieu vendredi 9 mai 2008 au cimetière Saint-Etienne, à Montpellier. Hommage à un homme passionné et passionnant.



Discret, modeste, passionné, généreux, patient… Tels sont les qualificatifs qui reviennent inlassablement pour définir la personnalité de Paul Boutié, maître de conférences en Préhistoire à l’université Paul-Valéry, spécialiste du Paléolithique inférieur et moyen. Ce « bien chic type », selon ses collègues, nous a quittés le 7 mai dernier, après avoir lutté contre une terrible maladie. Il laisse derrière lui une famille éplorée, Isabelle Boutié, son épouse, et leurs trois enfants Baptiste, Rémy et Félix.

C’est également le monde de la préhistoire qui se trouve endeuillé. Après des études à Montpellier, Paul Boutié part en Israël afin de réaliser sa thèse de doctorat sur l’industrie lithique de la grotte de Kébara. A son retour en France, devenu maître de conférences, il conduit de nombreux chantiers de fouilles dans le sud de la France, notamment dans la grotte des Ramandils (Aude). Très attentif à ses étudiants, ce professeur passionné et passionnant, a fait naître chez beaucoup d’entre eux la vocation d’archéologue.


Bertrand Roussel, préhistorien et responsable des collections au Musée de Terra Amata à Nice, fut l'un d'eux. « Au départ, je suis allé à la Faculté Paul Valéry pour étudier l'art médiéval, insiste Bertrand Roussel, mais c'est en suivant les cours de Paul, si vivant et si prenant, que je me suis intéressé à la préhistoire d'abord, puis en ai fait mon activité première... tout cela, c'est grâce à lui ! ».


Faire partager sans compter

Paul Boutié aimait par-dessus tout transmettre son savoir et s’est attelé à faire découvrir la Préhistoire au grand public. En marge de son activité scientifique et d’enseignement, il avait fait de l’archéologie expérimentale son violon d’Ingres. Les techniques de production du feu n’avaient aucun secret pour lui et son atelier regorgeait de briquets en tout genre fabriqués par ses soins et reproduits à la perfection. Président fondateur de la Paléoassociation, il organisait, avec ses étudiants, de nombreux ateliers pédagogiques en milieu scolaire et dans différentes structures muséales, permettant ainsi à ses jeunes animateurs de pouvoir élargir leurs compétences professionnelles en médiation culturelle. « C'était quelqu'un qui avait l'art de faire partager aux autres ses connaissances, il n'était pas avare de son savoir, d'ailleurs, nombreux sont les enfants qui se souviendront du jeu de piste autour de l'allégorie du feu d'Arcimboldo » précise Bertrand Roussel.

Membre de la Société archéologique de Montpellier, il a publié de nombreux articles scientifiques ainsi que divers ouvrages (La grande aventure du feu chez Edisud ou encore son dernier ouvrage paru en avril 2008, Le briquet pneumatique, l'enquête inédite, chez Mémoires Millénaires Ed.).

La cérémonie religieuse s’est déroulée en l’Eglise Saint-Esprit le vendredi 9 mai, suivie de l’inhumation au cimetière Saint-Etienne, en présence de sa famille, de très nombreux collègues, amis, et étudiants venus dire un dernier au revoir à leur cher professeur.


TEMOIGNAGES ... Si vous le souhaitez, vous pouvez transmettre vos voeux ou des témoignages d'amitié à la famille sur cette adresse mail (memoiresmillenaires@wanadoo.fr), nous les ferons suivre à son épouse.

Toute l'équipe de Mémoires Millénaires Ed., chez qui Paul a édité son dernier ouvrage, transmet ses plus sincères condoléances à son épouse et à ses enfants.