Olivier Lemercier / La Fare (Forcalquier, Alpes-de-Haute-Provence) : sépulture individuelle campaniforme (2500-2400 avant notre ère). On aperçoit la lame d’un poignard en cuivre à l’arrière du crâne.


ACTUALITE - RECHERCHE... Jeudi 5 Juillet 2007

Olivier Lemercier sur la piste du campaniforme méditerranéen

Maître de conférence sur le Néolithique à l'Université de Bourgogne et docteur en préhistoire, Olivier Lemercier a effectué de nombreux travaux d'un grand intérêt sur le Néolithique dans le Sud-Est de la France. Coup de projecteur sur ce spécialiste du campaniforme méditerranéen.






Les travaux de Recherche : la fin du Néolithique dans le Sud-Est de la France


Olivier Lemercier a travaillé sur de nombreux sites de la fin du Néolithique dans le sud-est de la France, il a participé notamment a plus de 70 campagnes de sondages, de fouilles et de prospections depuis 1978 dans le Midi de la France. Il a été le responsable d'opération de sites tels que La Fare à Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence), la Bastide Blanche à Peyrolles-en-Provence (Bouches-du-Rhône) ou encore Les Juilléras à Mondragon (Vaucluse).

Ce chercheur passionné a publié de nombreux articles sur le Campaniforme méditerranéen. C'est une culture qui se développa en Europe dans la seconde moitié du troisième millénaire avant notre ère, du Néolithique final au premier Âge du bronze. Le Campaniforme, au sens strict, désigne un gobelet de poterie dont le profil en S lui donne une forme de cloche à l’envers. Ce type de gobelet est caractérisé à la fois par son décor d’un type très particulier et par le soin généralement apporté à sa réalisation. L'aire de répartition de la culture campaniforme est vaste mais dispersée, couvrant la Méditerranée et l'Europe occidentales et une partie de l’Europe centrale (on a coutume de dire : d’Irlande en Sicile et de la Pologne au Maroc).


Les Juilléras (Mondragon, Vaucluse) : sépulture d’enfant dans une fosse de la nécropole épicampaniforme (transition du Néolithique à l’âge du Bronze : 2100-1800 avant notre ère).


Le Sud-Est de la France, avec plus de 300 sites inventoriés et sans doute plus de 1400 vases ornés, est l’une des régions les plus riches en vestiges campaniformes. Pour Olivier Lemercier, "vers 2350–2300 avant notre ère au plus tard, les cultures indigènes du Néolithique final du Midi de la France semblent disparaître, probablement par acculturation et parallèlement, le campaniforme s’étend jusqu’aux confins de notre région avec une emprise complète du territoire ". Mais beaucoup de questions restent sans réponse encore aujourd'hui sur les origines de ce courant culturel.


Pour consulter les publications de Olivier Lemercier : cliquez sur ce lien


L'enseignement à l'Université de Bourgogne

Depuis septembre 2005, Olivier Lemercier est Maître de conférence à l'Université de Bourgogne (Dijon) où il enseigne le Néolithique à des classes de Licence et de Master. Ses cours portent sur la Néolithisation du Proche-Orient et de l'Europe – la mise en place de l'économie de production – les habitats, les sépultures, l'économie, l'art et les symboles... Il donne un soin particulier à cette fonction d'enseignant avec un site Internet dédié présentant en temps réel des compléments de cours, des actualités, des indications bibliographiques... Ses étudiants peuvent y trouver de nombreuses informations pour rédiger Mémoires et Thèses mais aussi lui poser à tout moment des questions avec réponses immédiates sur ce blog.

Site web de Olivier Lemercier : http://perso.orange.fr/prehistoire-ub/


Deux questions à Olivier Lemercier

Prehistoirepaca.com : Olivier Lemercier, quelles sont les origines de la culture campaniforme dans le Sud-Est de la France et par quels moyens est-elle parvenue jusqu'à notre région ?

O.L. : La question de l’origine du Campaniforme, que l’on qualifie souvent de « phénomène » est débattue depuis maintenant plus d’un siècle. On l’a placé successivement dans la Péninsule Ibérique, en Europe centrale et aux Pays-Bas. L’analyse des vestiges du sud-est de la France semble maintenant indiquer que l’origine, pour notre région, est à chercher dans la Péninsule Ibérique et plus précisément sur la côte atlantique au Portugal. C’est là que les comparaisons de mobilier sont les plus évidentes. C’est par voie maritime que ce Campaniforme nous est parvenu comme l’indiquent la répartition des sites les plus anciens, à proximité du littoral et le long des principaux fleuves.

Prehistoirepaca.com : Qu'est-ce que le campaniforme nous apprend sur le mode de vie des hommes de la région ?

O.L. : Les modes de vie eux-mêmes n’évoluent pas spécifiquement avec le Campaniforme, les hommes sont des agriculteurs-éleveurs, comme leurs ancêtres néolithiques avant eux. Avec le Campaniforme, nous voyons des petits groupes venant d’ailleurs qui s’implantent en Provence et échangent des biens avec les populations indigènes. Pour une raison inconnue, ces nouvelles traditions vont faire « tache d’huile » et modifier considérablement les traditions locales. Les changements les plus notables concernent le développement de la métallurgie, du cuivre et de l’or, puis du bronze et surtout la mise en place de réseaux d’échanges et de relations à très longues distances qui unissent des populations parfois très éloignées formant en quelque sorte la « première Europe ».

Retrouvez en septembre 2007, une interview complète sur l'ensemble des travaux de Olivier Lemercier sur prehistoirepaca.com.


Contact Olivier Lemercier :

Article réalisé par F. BOYER le 05/07/2007