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INTERVIEW DE HERVE BARELLI

Nice et son comté 1200-1580
(témoignages et mémoires)

Hervé Barelli, docteur en Droit, est l'un des meilleurs spécialistes de l'histoire de Nice. Il a déjà publié "Une Histoire de l'Identité Niçoise", en collaboration avec Roger Rocca, et "Un Guide historique et architectural du Vieux Nice", qui font autorité. De même, il a traduit de l'italien "La Storia delle Alpi marittime de l'abbé Pierre Gioffredo". A l'occasion de la sortie de  "Nice et son comté 1200-1580" (témoignages et mémoires) , ouvrage qui rassemble des textes qui vont du XIIIe au XVIe siècle relatant l'histoire de Nice à des grands moments de l'Histoire, Hervé BARELLI a accepté de répondre à nos questions.

Nice et son comté 1200-1580 :
17 € TTC - 336 pages




RENCONTRE AVEC HERVE BARELLI (Historien - Service archéologique de la ville de Nice)

Hervé BARELLI, avec cet ouvrage "Nice et son comté 1200-1580" que vous venez de publier aux Editions Mémoires Millénaires, vous sentez-vous dans la continuité de Gioffredo ?

H.B. : Ce livre est un nouveau volume d'une collection initiée avec la publication de l'œuvre monumentale de Pierre Gioffredo, Chorographie et histoire des Alpes maritimes. Il est une pièce d'une collection qui devrait se poursuivre et dont l'objectif est, comme l'indique le nom du projet global, le "retour aux sources", c'est-à-dire la redécouverte des textes fondamentaux qui, hors archives, ont construit dans les siècles la connaissance de l'histoire de Nice. Outre ce premier lien, l'œuvre de Gioffredo nous a aussi signalé et fait découvrir les sources qu'il a utilisées, souvent inédites, qu'il a fallu localiser, traduire et commenter pour mieux aujourd'hui les comprendre et les faire connaître à tous les publics.

Quels sont le ou les témoignages qui vous ont le plus touché ?

H.B. : Plusieurs témoignages m'ont touché, ou frappé : le récit du passage épique du col de Tende, au XVe siècle, vu par un voyageur espagnol; la première description connue de Nice, à la même époque ; le journal quotidien du siège de Nice de 1543, rapporté vers 1547 par un éminent personnage de la cour de Savoie, Pierre Lambert; enfin, le journal de Jean Badat, écrit en niçois archaïque, plein de fraîcheur et de réalisme.

Comment avez-vous pu réunir tous les textes cités dans le livre ?

H.B. : Ces textes ont été réunis en suivant pas à pas les indications de Gioffredo, dont les propres archives sont conservées à l'Archivio di Stato de Turin. Deux se trouvent encore à Nice (Tiepolo et Badat), un est à Turin (Lambert), les autres se découvrent aujourd'hui numérisés sur la Toile, dans divers sites de bibliothèques publiques ou universités à travers le monde. Il convient d'ailleurs de souligner le fait que ce travail aurait pris bien plus de temps, voire aurait été impossible sans Internet, ses bases de données (notamment pour les notes) et ses ressources infinies, constamment enrichies. De ce point de vue, notre collection est aussi la première publication niçoise scientifique de l'ère numérique.

Certains de ces textes sont en italien ou en français archaïque, ont-ils été difficiles à traduire et à interpréter ?

H.B. : Tous ces textes sont en une langue archaïque, le français, le niçois ou l'italien. Avec les bons dictionnaires pour les trois langues (et, pour le français et l'italien anciens, on en trouve aussi sur Internet), il n'y a pas de difficultés à les comprendre et à les traduire, pour qui connaît bien ces langues aujourd'hui. C'est moins le vocabulaire que la construction des phrases qui a changé, notamment par l'absence de la ponctuation, ou son usage différent de nos pratiques. La difficulté majeure vient plutôt de l'écriture elle-même, qui est parfois difficilement déchiffrable, tout simplement parce que, hier comme aujourd'hui, il y a des gens qui calligraphient bien et d'autres qui écrivent comme des cochons !




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